Pages vues le mois dernier

Modification de la Constitution au Bénin : Analyse croisée des positions du Pr Djogbénou (Avocat) et Mme Madougou (Ministre)

Autrefois en accord en 2005 contre le soupçon de modification de la Constitution, Me Djogbénou et Mme Madougou de l'Association Elan, sont aujourd'hui en divergence de fond.

Dans le présent interview nous essayons de comprendre et évaluer les positions respectives des inéressés entre Me Djogbénou qui reste fidèle à un "Non circonstancié" de 2005 à 2012, et Mme Madougou entre temps rentrée au gouvernement du régime suivant et dont le "oui inconditionnel" est clamé.

Dans le souci de mieux cerner les positions de chacun d'eux, nous publions leurs communiqués respectifs. Cliquer sur le lien pour lire l'intégralité.


Opinion de Mme Madougou

"..Pour ma part j'ai joué mon rôle de vigie citoyenne et continue de le jouer depuis ma position actuelle en m'assurant que le projet envoyé a l'Assemblée Nationale respecte bien les prescriptions de la décision DCC 11-067 du 20 octobre 2011 relatives aux articles 42 et 44 actuels. Ces prescriptions de la Cour constitutionnelle remontent en effet, l’aspiration profonde du peuple, laquelle aspiration avait guidé le combat que j’ai mené avec les amis de la Société Civile et que je continue de mener sous d’autres formes aujourd’hui.."


Opinion de Me Djogbénou

"...Ce qui reste dans la sous-région, c’est l’expérience béninoise, aux côtés de celle du Ghana. Il faut absolument la préserver. Le Sénégal vient d’allumer la flamme de l’espérance. Il la tend, fiévreusement, au Bénin. Nous devons savoir la recevoir à nouveau. Nous aurons rassuré, et nos compatriotes, et l’Afrique, et le monde. Pandore vient à nous, avec sa belle boîte remplie de promesses révisionnistes. Accueillons-là, gardons-là, débattons-en. Mais sachons ne pas l’ouvrir. Donnons à Prométhée la joie de nous préférer et à Dieu, dans sa Bonté infinie, plus de raisons de nous protéger : Ne révisons pas notre Constitution..."


Ci-bas, l'analyse croisée de Nourou-Dine SAKA SALEY, Consultant juridique et financier


Nébuleuse FNPEEJ, survie ou mort certaines ?

L’esprit citoyen commande que nous nous interrogions à nouveau sur le sort réservé à ce projet de financement des entreprises de jeunes qui avait enregistré un taux record d’impayés de 81,16% selon les confessions des autorités en charge du fonds.


Une alternative : soit le FNPEEJ est désormais un "cabri mort", soit tel un phénix il renaîtra de ses cendres noircies à 81,16% d’impayés.

Notre souhait citoyen se dirigeant inéluctablement vers le sort du phénix, que celui de « cabri mort », il eut fallu à cet effet que l’opinion fût éclairée sur deux aspects :

1. Plus de six mois après la vaste campagne d’affichage et de diffusion des noms des débiteurs insolvables aux rutilantes 4x4, aucun organe de presse utilisé à lors à cette besogne n’a daigné demander des comptes à leur mandant administratif, à défaut que ce dernier mu par une volonté de clarté, un devoir de réédition des comptes, ne soit lui-même miraculeusement porté à communiquer sur le taux de recouvrement actualisé à titre d’efficacité de sa mesure de publication des noms.

2. Savoir si les parlementaires, à l’occasion du plaidoyer pour l’octroi de nouvelles lignes budgétaires pendant les négociations pour la loi de finances en cours d’exécution, se sont laissé convaincre par des chiffres optimistes de reconstitution du fonds et de recouvrement des créances, ou par une image aussi « bling-bling » et « charmante » soit-elle.


C’est avec un sourire de fierté contributive à l’amélioration du programme pour le bonheur de mes compatriotes porteurs de projets, que j’avais accueilli la restitution par le ministère de tutelle du FNPEEJ, de la quasi-totalité de mes recommandations listées dans ma modeste note du 22/09/2011 intitulée « Qui du FNPEEJ ou de ses débiteurs est le plus défaillant ? », tellement j’avais foi en une application idoine de ces mesures.

Très tôt mon sourire fit place à l’amer constat que seule une communication soporifique était effectuée, sous une nouvelle forme à chaque sortie publique (partenariats inter agences, appels publics à réflexions, …). Il faudra s’inquiéter si ce conglomérat de matières grises politiques et administratives nourris grassement à la provende des deniers publics, ne produit comme solution au chômage, que des partenariats administratifs et des sensibilisations publiques.


Les attentes des porteurs de projet et des chômeurs ne pouvant s’accommoder des politiques de communication, et en outre la question du financement revêtant un aspect technique et excluant tout amateurisme et tâtonnement faisant appel à des expériences avérées, il importe de se rassurer que la chaîne de décision concernant le FNPEEJ nage en experts, en eaux connues et maîtrisées.

A cet effet, des éclaircissements sont attendus de leur part, outre la question inévitable et cruciale du niveau de recouvrement de nos deniers publics suite à la débâcle de la précédente phase, sur :

1. En amont :

- La technique du faire-faire une fois adoptée quant au process global, la réflexion sur le modèle économique a-t-elle été conduite par les spécialistes du FNPEEJ afin de l’adapter à notre réalité socio-économique nationale ?

- La cible économique a-t-elle été actualisée afin de ne pas se retrouver dans une situation résultant en un déséquilibre ou une inadéquation offre-demande ?

- Les modèles de véhicules de financement par les institutions de crédit ont-ils tenu compte de la cartographie des risques afin d’évaluer lequel réduit l’insolvabilité tout en alliant garanties et efficience ?


2. En aval :

- Des méthodes objectives et exogènes d’évaluation de la rentabilité (R.o.I anglais ou T.R.I français) ont-elles été mises en place et vulgarisées afin de mesurer la bonne destination des financements ?

- La méthode du financement par « Milestone » indispensable dans tout investissement ou financement à l’essai, a-t-elle été jugée plus adaptée en l’espèce pour réduire les risques d’insolvabilité ?

- La question d’un déclenchement automatique des procédures collectives, en cas d’impératif dans ce sens, a-t-elle été envisagée pour éviter de maintenir le bénéficiaire se trouvant dans une situation de blocage économique conjoncturel, dans une spirale de revolving improductif ?

- La question du management participatif et consultatif internes a-t-elle été envisagée pour un meilleur suivi des bénéficiaires de financement ?



Les dégâts sociaux du chômage grandissant des jeunes dans notre pays sont assez connus et récurrents, pour se satisfaire et se laisser supplanter par une communication à outrance, notamment et souvent en dehors du cadre et des attributions liées au règlement de ce fléau (rappelons qu’un ministère entier y est dédié), communication caressant des fois un propagandisme qui laisse transpirer des ambitions sans commune mesure avec l’emploi des jeunes, à rechercher sur un autre terrain, « politicien » cette fois-ci.

Eminences grises en charge de la lutte contre le chômage des jeunes, à vous de ne situer : Espoir de renaissance ou Requiem du FNPEEJ ?



Le 26 mars 2012


Nourou-Dine SAKA SALEY
Consultant juridique et financier

Nourou-Dine SAKA SALEY interpelle Mr Boni Yayi, Président en exercice de l'UA sur la crise sénégalaise


A travers une interpellation reprise dans sa substance et publiée par le magazine panafricain Jeune Afrique dans sa parution N° 2666 du 12 au 18 février 2012, Page 88, j'adresse ce cri de détresse citoyen au nouveau Président en exercice de l'Union Africaine, afin qu'il résonne comme un avertissement subliminal à l'endroit de tous les dirigeants africains hantés par des envies de tripatouillage opportunistes de nos lois fondamentales.


« Crise politique au Sénégal :
Cri de détresse citoyen à Mr Thomas Boni YAYI, Président en exercice de l’Union Africaine.
»

La providence a fait de vous Mr Thomas Boni YAYI, en cette année cruciale d’élections et de suites électorales sur notre continent africain, le Président en exercice de ce « joyau » qu’est l’Union Africaine, voulue dans son principe par ses précurseurs tels Kwamé N’Krumah.

Je commencerai donc par sacrifier avec toutes les déférence et fierté de compatriote, aux félicitations et aux encouragements de rigueur, puissent-ils vous accompagner tout le long de cette haute, noble et exaltante mission annuelle.

La providence, disais-je, a porté son choix sur vous et je voudrais l’emprunter pour la justification de faire de vous le destinataire de mon cri de détresse citoyen, face à la situation politique sénégalaise, qui à la lumière des cas Nigérien, et plus récemment arabes, méritent l’application de l’adage allemand « Sicher ist sicher » (« Deux précautions valent mieux qu’une »).

Pourquoi ce choix porté sur vous, Mr le Président en exercice de l’Union Africaine ?

L’évidente réponse est que vous faites partie de cette génération de dirigeants quinquagénaires, très en vogue dans les grandes démocraties, et que vous avez été (peut-être heureux bénéficiaire d’une non modification de notre loi fondamentale en 2005) :
- élu Président de la République en 2006 dans notre pays le Bénin, à 75% des voix au second tour, alors qu’étant à votre première expérience électorale,
- « réélu » de manière inédite en 2011 à la même fonction, au premier tour du scrutin avec 54% des voix, ouvrant curieusement le bal au phénomène du 1er tour à la présidentielle (avec diverses fortunes certes) au Nigéria, au Cameroun et plus récemment en République démocratique du Congo.

Aux temps forts de la malheureuse crise humanitaro-politique dans la nation sœur ivoirienne, vous aviez été désigné au sein du panel de Chefs d’Etats dans la recherche de solutions concertées et pacifiques à cette tragédie. La médiation fut certes infructueuse quant à la résorption de la crise, mais tout de même menée.

Au-delà, votre intérêt marqué pour la jeunesse et le transit politique générationnel, en sus de votre attachement clamé et répété aux valeurs démocratiques, renforcent d’autant plus la justesse de ce choix, que vous offre la noble tribune de l’Union Africaine dont vous présidez aux destinées pour une année.

Qu’attendons-nous de vous Mr le Président en exercice de l’Union Africaine ?

La jeunesse citoyenne, future dirigeante de nos nations, attentive et désireuse d’hériter de pratiques et d’éthiques démocratiques saines, souhaite faire de vous son porte-parole auprès de votre ainé et homologue en exercice au Sénégal, afin de rappeler à son bon souvenir, dans le strict respect de nos valeurs culturelles d’aînesse et de courtoisie, et dans le but de faire perdre à l’Union Africaine son sobriquet peu honorable de « Syndicat amorphe de Présidents » :

1. Que la limitation constitutionnelle des mandats, s’entend dans le texte, mais aussi dans l’esprit, comme une garantie du transit générationnel et du renouvellement des classes politiques, imposant automatiquement dans un but d'alternance physique ou idéologique, la limitation à deux mandats quelles qu'en seront les durées (septennats, quinquennats, biennats...), sans qu’aucune manipulation constitutionnelle ne puisse porter atteinte à ce principe inné et sacrosaint d’alternance.

2. Qu’aucune limitation constitutionnelle ou humaine n’imposait à cet autre homme de droit, Mr Nelson Mandela, icône de l’engagement et du martyr politiques, le retrait volontaire de la vie politique en 1999, à l’âge de 81 ans, après son seul et unique mandat présidentiel, alors que tout dans son profil humain et politique faisaient, et font toujours de lui le dirigeant rééligible à volonté, non seulement dans sa nation sud-africaine, mais peut être dans tout pays de notre continent, et même de notre monde démocratique.

3. Que la jeunesse africaine, ne souhaite plus revivre l’exemple de ce dirigeant nigérien, qui à coups d’entourloupes, y compris juridiques, avait réussi à prolonger son bail présidentiel, invitant malgré elle, la grande muette au débat politique, expérience militaire ayant heureusement laissé place à des élections et un climat politiques apaisés.

4. Que la jeunesse africaine, ne peut plus se permettre le luxe de subir l’exil et la perte physique des bras valides, par des affrontements fratricides comme ceux observés en Côte d’Ivoire, en Egypte, en Tunisie, en Lybie et déjà au Sénégal.

5. Que l’Afrique ne peut continuer de détenir le record des clients de la Cour Pénale Internationale, notamment à la suite de chaque crise électorale.

6. Que la longévité politique était le principal grief ayant entrainé en 2011, les différentes contestations populaires avec pour berceau, celles de notre cher continent.

7. Que la transmission générationnelle d’idéologie et du pouvoir politiques ne peut s’entendre et s’assimiler, à la seule transmission par filiation.

Nelson MANDELA en 1999, John Jerry RAWLINGS en 2001, Olusegun OBASANJO en 1979 et en 2007, Joaquim Alberto CHISSANO en 2005, Pedro PIRES en 2011, Rupiah BANDA en 2011, Mathieu KEREKOU en 1991 et en 2006, Alpha Oumar KONARE en 2002, et Amadou Toumani TOURE en 1992 et bientôt en 2012, n’ont nullement utilisé la passerelle de la longévité au pouvoir, pour mériter leurs statuts et références en matière d’alternance politique paisible.

Notre rêve, Mr le Président en exercice de l’Union Africaine, est celui d’une jeunesse désireuse d’hériter d’une Afrique unifiée, pacifiée, tournée vers le développement, et non d’une Afrique en perpétuelle lutte contre la néo-colonisation interne menée par les dirigeants politiques contre leurs propres peuples.

Paris, le 02 février 2012.

Nourou-Dine SAKA SALEY,
Consultant juridique et financier.

Qui du FNPEEJ ou de ses bénéficiaires est le plus défaillant ?


Le 19 aout 2010 au Palais des congrès de Cotonou se « célébrait » le jour du 3è anniversaire du forum national sur l’emploi des jeunes précédemment tenu en 2007, l’évaluation de ce « noble idéal du gouvernement » (dixit Quotidien Le Matin).

Avant la présence de ma modeste personne à cet évènement, à titre de personne ressource, je ne connaissais les financements d’emplois et de projets jeunes par le Fonds National pour la Promotion de l’Entreprise et l’Emploi des Jeunes (FNPEEJ) que de nom.
C’est dire donc que tout ce que j’en ai découvert a été fait sur le tas et seulement en ce jour-dit à travers les différentes explications des intervenants desquels je faisais modestement partie (autorités en charge de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, dirigeants du FNPEEJ, représentants de l’administration publique et « heureux élus jeunes bénéficiaires » du FNPEEJ).
En bon profane du FNPEEJ, je m’étais surpris, inquiété, et à haute voix indigné de la présence massive de jeunes dans l’auditoire, un jour ouvré et à une heure classique de travail, signe ostentatoire d’un désœuvrement massif, situation paradoxale surtout à une occasion qui devrait célébrer la réussite souhaitable d’une initiative lancée 3 ans plus tôt, et qui avait abouti à la naissance du FNPEEJ.

A titre de contribution personnelle et technique à une meilleure efficacité des actions de financement du FNPEEJ, j’avais :
- Préconisé de privilégier l’approche du faire-faire tant dans l’évaluation des projets à financer par des organismes ayant une pratique certaine et professionnelle de l’étude des projets de financements (banques par excellence), que dans le suivi des bénéficiaires des financements
- Indiqué la nocivité de l’origine exclusivement publique tant des fonds alloués à cette opération de financement, que des organes de gestion de ces crédits, en proposant une sous-traitance via les professionnels du crédit, pour assurer une meilleure efficacité et efficience dans l’octroi et dans la destination de ces fonds.

Très tôt je fus accusé en haut lieu de traîtrise, d’infamie, de servir de bras armé de l’opposition pour jeter le discrédit sur des actions du gouvernement. En retour de ce que je considérais comme une contribution citoyenne et bénévole à l’amélioration de l’efficacité d’une opération que je connais par pratique professionnelle au sein d’une banque de financement où j’étais salarié, j’ai accueilli ces accusations comme le prix à payer pour ne pas avoir eu la langue de bois et l’attitude du suivisme acclamatif de rigueur et habituel. Ce prix, je le payerai avec plaisir et dévotion autant de fois que nécessaire.

Avec le temps, ce qui se murmurait sous cape, et qui était qualifié de manœuvres de déstabilisation et d’intoxication d’une opposition apatride, vit malheureusement et progressivement jour. Le FNPEEJ faisait face à une gangrène intérieure liée à un défaut massif de paiement. Le taux qui ressort des confessions des autorités en charge de ce secteur fait était de 81,16% d’impayés, soit 487 jeunes sur les 600 officiellement déclarés comme bénéficiaires du Fonds.
A en croire les autorités en charge du financement des projets jeunes, la cupidité des bénéficiaires et leur envie de rouler rutilantes 4x4, sont la cause du détournement des fonds ayant entrainé le gouffre financier.

Comme sanction entre autres, les noms et coordonnées téléphoniques des bénéficiaires défaillants ont savamment été relayés par voie de presse écrite, en violation totale du droit au respect des informations nominatives et donc de leur vie privée. La Commission nationale pour l’informatique et libertés devrait s’en sentir interpelée.

Dans un pays où les premières autorités nous représentant ont du mal à se conformer à leur obligation légale de déclaration de biens, notamment au regard de l’insolence de la modification de leurs signes ostentatoires d’ascension sociale, cette initiative par les temps d’insécurité croissante, nous apparait comme une erreur d’appréciation préjudiciable non seulement au recouvrement des fonds, mais aussi à la sécurité de ces jeunes bénéficiaires qui seront désormais considérés certes comme des endettés, mais aussi comme nouveaux fortunés ayant un trésor caché.

Aucune institution de crédit, même publique ou gérant des fonds publics, digne du nom ne publie la liste de ces débiteurs. Cette mascarade brandie comme moyen de coercition n’aura pour effet que de soustraire les bénéficiaires à leur obligation de remboursement, puisqu’aucun moyen de traçabilité préalable des fonds ou de leur porteur n’est efficacement à disposition des créanciers. La publication de cette liste est la preuve et l’aveu objectifs de cette défaillance en amont du créancier.

Dans toute opération de crédit, l’évaluation du risque de défaillance de l’emprunteur constitue l’élément premier qui gouverne à la prise en amont de mesures adéquates de recouvrement et de garanties, y compris garanties extérieures à l’emprunteur (notamment des assurances). Il est légitime de douter en l’espèce que de telles précautions eussent été prises concernant les 600 bénéficiaires du FNPEEJ.

Ensuite, la rentabilité du financement en constitue le second critère d’appréciation.

Parmi les bénéficiaires défaillants listés, force est de constater une similarité monstrueuse des activités financées. Le Bénin se retrouvera inondé de lapins, tant les projets d’élevage de lapins ont reçu la faveur du FNPEEJ. Financer la même catégorie d’activités dans la même aire géographique ne peut qu’être nocif à la rentabilité des financements et au-delà de l’activité en elle-même parce que faussant le jeu de la concurrence, l’offre devenant exponentiellement supérieure à la demande. Au regard de ce critère, les financements incriminés du FNPEEJ s’apparentent plus à de la philanthropie monétaire qu’à une réelle démarche macroéconomique.

Tout en « suppliant » les bénéficiaires défaillants à se mettre à jour vis-à-vis de notre effort collectif de contribution économique, il importe que nous appelions à des réformes structurelles et opérationnelles du « noble idéal du gouvernement ».

En effet, il est impératif que la volonté politique perdure dans l’accompagnement pour l’auto emploi et l’entreprenariat des jeunes.
Il est impératif également que de sérieuses réformes aboutissent à une meilleure conception de cet accompagnement. Il n’est point ici question des réformes en trompe l’œil et stériles constituant en la cooptation de personnes ou de proches au sein de conseils d’administrations d’institutions dont le principe d’existence et d’opération même est faussé et défaillant dès la base.

Il est question de repenser le mode d’intervention de la volonté politique et des deniers publics à cette œuvre d’accompagnement.

Il est question de transférer la gestion de l’octroi de crédit et de recouvrement à des professionnels du crédit, ayant au préalable la trésorerie nécessaire, plutôt qu’une mise à disposition des maigres deniers publics à cette cause, si noble soit elle. Culturellement sous nos cieux, l’argent public n’est la propriété de personne, et l’on ne rend compte à personne en cas de mauvaise gestion. Cette malheureuse et délétère conception héritée du comportement de nos dirigeants publics n’est pas de nature à faciliter le recouvrement de fonds publics alloués à des jeunes.
En contrepartie de cet effort des institutions classiques de crédit de procéder à des financements sur mesure, à des conditions avantageuses pour le bénéficiaire, un système de facilités juridiques et fiscales spécifiquement dédiés à l’encouragement des crédits jeunes entreprises sera mis en place.

Ces mesures peuvent recouvrir :
- L’encadrement technique plus accru, des soumissionnaires afin de les doter d’une culture et d’une aptitude managériale et d’entreprenariat de manière en amont, à distinguer les projets d’entreprises créateurs de valeur ajoutée des opportunités économiques ponctuelles et éphémères, notions souvent confondues par les emprunteurs, et en aval à opérer une meilleure gestion pérenne de leur trésorerie

- L’obligation d’une libération progressive, contre résultats, des fonds alloués, plutôt qu’une mise à disposition intégrale en début de projet

- L’obligation d’une tenue de compte bancaire auprès d’institutions de crédit ad hoc privées, avec des taux et des frais étudiés

- L’obligation d’une évaluation périodique des projets, de leur avancement, de leur rentabilité et des capacités de remboursement des bénéficiaires, pour les adapter au besoin aux difficultés de trésorerie

- La spécialisation par novation du FNPEEJ en une structure non pas d’octroi de fonds public, mais en instance de contrôle, de coordination, et de recours de la bonne observation de la politique de projets jeunes sous traitée aux institutions financières privées.

La mise en œuvre de ces mesures non exhaustives drainera la création de nouveaux emplois et de nouveaux secteurs économiques, une meilleure efficacité dans la gestion de la politique d’accompagnement de la jeune entreprise, un relèvement du taux de bancarisation, une complémentarité dans le choix des projets financés, un échec moins récurrent des politiques publiques nobles mais mal préparées.

Ni les forums de réflexions à rallonge et onéreux, ni les réformes mal pensées et en trompe l’œil, et encore moins la publication de listes de débiteurs dans les colonnes de la presse écrite livrant presque en pâture à la vindicte et au jugement populaires, des jeunes débiteurs indélicats ou insolvables (la cause réelle de leur statut de débiteurs restant à élucider), n’ont créé des emplois.

La volonté et les actions politiques à cet effet restent encore à préciser, car tardant à convaincre.

Paris, le 22 septembre 2011

Nourou-Dine SAKA SALEY
Consultant juridique et financier.