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Nébuleuse FNPEEJ, survie ou mort certaines ?

L’esprit citoyen commande que nous nous interrogions à nouveau sur le sort réservé à ce projet de financement des entreprises de jeunes qui avait enregistré un taux record d’impayés de 81,16% selon les confessions des autorités en charge du fonds.


Une alternative : soit le FNPEEJ est désormais un "cabri mort", soit tel un phénix il renaîtra de ses cendres noircies à 81,16% d’impayés.

Notre souhait citoyen se dirigeant inéluctablement vers le sort du phénix, que celui de « cabri mort », il eut fallu à cet effet que l’opinion fût éclairée sur deux aspects :

1. Plus de six mois après la vaste campagne d’affichage et de diffusion des noms des débiteurs insolvables aux rutilantes 4x4, aucun organe de presse utilisé à lors à cette besogne n’a daigné demander des comptes à leur mandant administratif, à défaut que ce dernier mu par une volonté de clarté, un devoir de réédition des comptes, ne soit lui-même miraculeusement porté à communiquer sur le taux de recouvrement actualisé à titre d’efficacité de sa mesure de publication des noms.

2. Savoir si les parlementaires, à l’occasion du plaidoyer pour l’octroi de nouvelles lignes budgétaires pendant les négociations pour la loi de finances en cours d’exécution, se sont laissé convaincre par des chiffres optimistes de reconstitution du fonds et de recouvrement des créances, ou par une image aussi « bling-bling » et « charmante » soit-elle.


C’est avec un sourire de fierté contributive à l’amélioration du programme pour le bonheur de mes compatriotes porteurs de projets, que j’avais accueilli la restitution par le ministère de tutelle du FNPEEJ, de la quasi-totalité de mes recommandations listées dans ma modeste note du 22/09/2011 intitulée « Qui du FNPEEJ ou de ses débiteurs est le plus défaillant ? », tellement j’avais foi en une application idoine de ces mesures.

Très tôt mon sourire fit place à l’amer constat que seule une communication soporifique était effectuée, sous une nouvelle forme à chaque sortie publique (partenariats inter agences, appels publics à réflexions, …). Il faudra s’inquiéter si ce conglomérat de matières grises politiques et administratives nourris grassement à la provende des deniers publics, ne produit comme solution au chômage, que des partenariats administratifs et des sensibilisations publiques.


Les attentes des porteurs de projet et des chômeurs ne pouvant s’accommoder des politiques de communication, et en outre la question du financement revêtant un aspect technique et excluant tout amateurisme et tâtonnement faisant appel à des expériences avérées, il importe de se rassurer que la chaîne de décision concernant le FNPEEJ nage en experts, en eaux connues et maîtrisées.

A cet effet, des éclaircissements sont attendus de leur part, outre la question inévitable et cruciale du niveau de recouvrement de nos deniers publics suite à la débâcle de la précédente phase, sur :

1. En amont :

- La technique du faire-faire une fois adoptée quant au process global, la réflexion sur le modèle économique a-t-elle été conduite par les spécialistes du FNPEEJ afin de l’adapter à notre réalité socio-économique nationale ?

- La cible économique a-t-elle été actualisée afin de ne pas se retrouver dans une situation résultant en un déséquilibre ou une inadéquation offre-demande ?

- Les modèles de véhicules de financement par les institutions de crédit ont-ils tenu compte de la cartographie des risques afin d’évaluer lequel réduit l’insolvabilité tout en alliant garanties et efficience ?


2. En aval :

- Des méthodes objectives et exogènes d’évaluation de la rentabilité (R.o.I anglais ou T.R.I français) ont-elles été mises en place et vulgarisées afin de mesurer la bonne destination des financements ?

- La méthode du financement par « Milestone » indispensable dans tout investissement ou financement à l’essai, a-t-elle été jugée plus adaptée en l’espèce pour réduire les risques d’insolvabilité ?

- La question d’un déclenchement automatique des procédures collectives, en cas d’impératif dans ce sens, a-t-elle été envisagée pour éviter de maintenir le bénéficiaire se trouvant dans une situation de blocage économique conjoncturel, dans une spirale de revolving improductif ?

- La question du management participatif et consultatif internes a-t-elle été envisagée pour un meilleur suivi des bénéficiaires de financement ?



Les dégâts sociaux du chômage grandissant des jeunes dans notre pays sont assez connus et récurrents, pour se satisfaire et se laisser supplanter par une communication à outrance, notamment et souvent en dehors du cadre et des attributions liées au règlement de ce fléau (rappelons qu’un ministère entier y est dédié), communication caressant des fois un propagandisme qui laisse transpirer des ambitions sans commune mesure avec l’emploi des jeunes, à rechercher sur un autre terrain, « politicien » cette fois-ci.

Eminences grises en charge de la lutte contre le chômage des jeunes, à vous de ne situer : Espoir de renaissance ou Requiem du FNPEEJ ?



Le 26 mars 2012


Nourou-Dine SAKA SALEY
Consultant juridique et financier

2 commentaires:

Aurélie Beaumont a dit…

Merci pour les informations. Ils sont très intéressant. Connaissez-vous un bon conseiller en insolvabilité?

"Greater powers, greater responsabilities." a dit…

Bonjour Mme Beaumont,
Les questions de procédures collectives restent chez nous l'apanage des cabinets d'avocat.
Cependant pour ce qui est de la prévention des procédures collectives (insolvabilité et procédures de sauvegarde avant redressement ou liquidation judiciaires), l'activité n'est pas encore propice.